Samia de Soupçon d’Art, l’âme créative

Vous le savez, nous aimons les artistes algériens et nous souhaitons vivement les mettre en avant et les faire connaître. C’est au tour de Samia d’être à l’honneur aujourd’hui, nous l’avons interviewée afin qu’elle partage avec nos lecteurs son parcours et sa passion, la céramique.

Samia, peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques mots et quelle est ta spécialité artistique ?

Samia Merzouk : Je m’appelle Samia Merzouk, j’ai 50 ans et je vis et travaille à Alger. Je suis céramiste et suis issue d’une famille d’artistes. Mon oncle paternel était calligraphe, ma tante et ma sœur artistes, c’est un sacré terreau !

Comment t’est venu cette vocation et de quelle manière t’es tu lancée ?

S.M. : La céramique est venue à moi vraiment par pur hasard. J’ai d’abord suivi une formation d’esthétique cosmétique en France au milieu des années 80 mais je m’en suis lassée car ce qui m’intéressait, c’était le maquillage de spectacle. Au bout de quelques années, j’ai décidé d’arrêter l’esthétique et de tout plaquer !
Une année plus tard, une amie m’a fait entrer dans l’atelier de la première céramiste algérienne, feu Ouiza Bacha déclenchant un vrai coup de foudre ! L’argile, le four, les émaux tout me parlait ! J’ai été formée durant 6 ans puis j’ai fondé mon propre atelier avec la précieuse collaboration de ma sœur et de son mari (tous deux artistes), l’atelier « Soupçon d’Art », en 2002.

D’où te vient ton inspiration ?

S.M. : De tout ! Un corps,une plante,un meuble,un bijoux,tout est prétexte à partir d’une forme, la détourner, la travailler, et la développer pour en faire une pièce en céramique, utilitaire ou décorative.
Mais l’avantage, c’est que nous sommes trois, ma sœur Rachida, son époux Karim Sergoua et moi-même. Du coup, les idées ne manquent jamais !

Capture

Samia Merzouk et sa sœur Rachida sur le plateau Canal Algérie.

Est-ce que l’identité algérienne dans son ensemble,c’est à dire arabe et berbère, est pour toi importante pour ta créativité ?

S.M. : Certainement, dans la mesure où j’ai baigné dans cette culture, elle a forcement une importance et une influence sur moi . Mais pas seulement, car les rencontres et les voyages aussi laissent des traces en nous, qui peuvent se ressentir dans notre créativité, et c’est tant mieux.

Est ce que le public algérien est sensible à cet art, et si c’est oui quel est l’écho que tu en as chez les jeunes ?

S.M. : Quand on est cloîtré dans son atelier,on ne s’en rend pas vraiment compte, mais à chaque exposition, on voit l’émerveillement des gens toutes générations confondues. Combien de fois,des jeunes,qui semblaient plus sensibles au football qu’à l’art, nous ont surpris par leur curiosité et leur intérêt pour notre travail.

La relève est elle assurée chez la nouvelle génération ?

S.M. : Difficile à dire…Dans les centres de formation professionnelle,on ne choisit pas forcement la poterie. Il y a tellement de difficultés dans ce métier,que ça peut vite décourager,même les plus optimistes ! Les jeunes ont besoin de s’épanouir,mais ont besoin de stabilité,de subvenir à leur besoin. Il faut un sacré courage pour se lancer dans cette aventure,car rien n’est gagné,surtout si on veut sortir des sentiers battus.

Essaies-tu de faire connaître ton travail à l’étranger ?

S.M. : Malheureusement, non. Je ne suis vraiment pas douée comme commerciale (rire) ! Et puis, il y a tellement à faire ici, que j’ai du mal à penser à l’étranger.
Mais j’ai eu la chance de participer à certaines expositions,  comme celle de « Designers Algériens » à l’Institut du Monde Arabe, à Paris, en 2012. Puis, avec ma sœur, nous avons été sélectionnées pour participer à la Triennale de Milan en 2016. Bien que ce soit de belles expériences, ça ne suffit pas pourtant pas à faire la promotion de notre travail…

Quelles sont de façon général les difficultés auxquelles tu es confrontée dans ton quotidien ?

S.M. : Je dirai d’abord, le coût et la non disponibilité de la matière première. C’est un vrai souci. Nous nous achalandons toujours chez le même fournisseur, car nous y trouvons une bonne écoute. Mais ce n’est pas suffisant, car certains pigments ou émaux ne sont pas disponibles, faute de demandes, ce qui nous pénalise et nous limite en matière de possibilités de création…
L’autre souci majeur est l’écoulement de notre « marchandise ». Comme nous travaillons très rarement avec des boutiques d’artisanat, nous recevons au sein de notre atelier. Même si nous le faisons avec beaucoup de plaisir, cela peut parfois nous retarder sur notre travail. L’idéal, serait d’avoir un espace dédié uniquement à la vente !

Si le lecteur souhaite te contacter et acheter une de tes œuvres, comment peut-il te joindre ?

S.M. : Il peut tout simplement visiter notre page Facebook « Soupçon d’Art », nous laisser un message ou nous écrire un mail. Nous répondrons avec plaisir !

Facebook : Soupçon d’Art

Mail :  soup_art@yahoo.fr

 

Un énorme merci à Samia qui a pris le temps de nous répondre avec tant de gentillesse, et comme nous souhaitons que les artistes se soutiennent, nous avons demandé à Samia de nous proposer les prochains artistes à découvrir, bientôt sur votre site préféré !

Toutes reproductions même partielles du texte sont formellement interdites et soumises à des droits d’auteur. Les textes sont soumis à des copyrights.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s